Littérature jeunesse : romans, albums...

mardi 20 novembre 2012

49 jours @ Fabrice Colin



« Dans les moments qui précèdent les grandes catastrophes, certains détails ne vous paraissent essentiels qu’après coup. Ce ciel trop bleu, contemplé depuis la fenêtre de votre bureau new-yorkais du quatre-vingt-seizième étage, un certain 11 septembre 2001. Ce silence trop parfait sur la plage de Phuket tandis que vos traces dans le sable s’effacent, au matin du 26 décembre 2004. Ces chiens d’habitude si calmes qui, soudain aboient sans raison en descendant les ruelles de Port-au-Prince, à l’aube du 12 janvier 2010.
Des avertissements, des signes. »

 Floryan  a dix-sept ans, et toute l’assurance des jeunes de son âge qui selon l’adage ont « toute la vie devant eux », l’argent et les relations de ses parents en plus ce qui n’est pas rien dans la balance pour débuter une existence, tout du moins l’envisager le plus sereinement possible. Il doit être beau gosse aussi Floryan, on le devine à son air sûr de lui et déjà vaguement ennuyé…. Oui, mais voilà, par une belle après-midi d’été, alors que le métro aérien vient de quitter la station Passy et que la Tour Eiffel miroite au soleil, sa vie explose, part en lambeaux.  A peine quelques minutes plus tôt, un homme est calmement sorti du wagon, laissant derrière lui de quoi faire voler en éclats pas mal d’existences. Le métro qui traverse la Seine à ce moment précis tombe en miettes dans le fleuve, Floryan et ses amis n’y survivront pas.
Tout pourrait s’arrêter là, tout devrait même s’arrêter là.
« Je tombe, je tombe sans fin, et le monde tombe avec moi. Bientôt, même la peur a disparu. Remplacée par un néant irrépressible. »
Et pourtant Floryan finit par se « réveiller », dans un monde d’une pureté et d’une beauté presque parfaites, il est seul et il se souvient de tout, de sa vie, de l’attentat.  « Tu es mort ».
C’est alors qu’intervient un être extraordinaire, qui semble lui parler juste par la pensée. Floryan a 49 jours, pas un de moins, pas un de plus pour faire son choix, le suivre dans le Royaume éternel où il perdra le souvenir de tout ce qu’il a été, délesté du poids des sentiments et de tout ce qui le faisait humain, ou se jeter dans le grand fleuve noir, appelé Nihil, pour trouver, qui sait, une autre existence, ou tout simplement le vide éternel, le grand rien… 
Les dés sont jetés, en 49 jours, Floryan doit pouvoir choisir, trancher, entre deux options, l’une et l’autre pleines de mystères et d'inconnus angoissants.

Mais  s’il y avait une troisième voie ?

49 jours, c’est beaucoup et c’est peu pour découvrir toute l’étendue de ce nouveau monde, celui d’après la mort, un monde sauvage, grandiose et très curieusement très peu habité, tous les morts ne s’y retrouvent visiblement pas… Et pourtant, Floryan découvre une petite communauté pourvue de pouvoirs surprenants et presque magiques… Peu à peu, grandit en lui ce qui lui manquait peut-être quand il était bien vivant, le souci de l’autre, l’envie d’agir et pas seulement pour lui-même. La vie des morts n’est pas toujours celle que l’on imagine, de tout repos ou inexistante, elle n’est pas nécessairement coupée de notre monde non plus, certains fantômes y rôdent pour nous sauver parfois du pire et même de l’apocalypse.

C’est toujours un bonheur de suivre Fabrice Colin  dans ses univers parallèles qu’il sait rendre aussi tangibles que celui où nous vivons. Machines extraordinaires, lieux insoupçonnables, personnages inimaginables, créatures dantesque, tout cela prend vie et corps avec une facilité déconcertante, c’est captivant !
 49 jours  se lit comme un thriller tout autant que comme un roman d’anticipation ou de science fiction, un roman d’amour aussi sur fond de guerre et de fin du monde. Impossible de lâcher cette « Divine Comédie » avant d’avoir lu les mots de la fin, surprenants ô combien, mais rassurez-vous, un deuxième et dernier tome est prévu  pour nous dire un peu plus de ce qui attend nos héros (eh, oui, apparaissent un ou deux autres personnages essentiels particulièrement attachants  !).

Vivement la suite !

Editions Michel Lafon jeunesse – Novembre 2012. 

1 commentaire:

  1. Hum beau thème en tous cas... j'ai bien envie de me relire un Colin tiens!

    RépondreSupprimer