« Dans les moments qui
précèdent les grandes catastrophes, certains détails ne vous paraissent
essentiels qu’après coup. Ce ciel trop bleu, contemplé depuis la fenêtre de
votre bureau new-yorkais du quatre-vingt-seizième étage, un certain 11
septembre 2001. Ce silence trop parfait sur la plage de Phuket tandis que vos
traces dans le sable s’effacent, au matin du 26 décembre 2004. Ces chiens d’habitude
si calmes qui, soudain aboient sans raison en descendant les ruelles de
Port-au-Prince, à l’aube du 12 janvier 2010.
Des avertissements, des signes. »
Floryan
a dix-sept ans, et toute l’assurance des jeunes de son âge qui selon l’adage
ont « toute la vie devant eux », l’argent et les relations de
ses parents en plus ce qui n’est pas rien dans la balance pour débuter une
existence, tout du moins l’envisager le plus sereinement possible. Il doit être
beau gosse aussi Floryan, on le devine à son air sûr de lui et déjà
vaguement ennuyé…. Oui, mais voilà, par une belle après-midi
d’été, alors que le métro aérien vient de quitter la station Passy et que la
Tour Eiffel miroite au soleil, sa vie explose, part en lambeaux. A peine quelques minutes plus tôt, un homme
est calmement sorti du wagon, laissant derrière lui de quoi faire voler en
éclats pas mal d’existences. Le métro qui traverse la Seine à ce moment précis
tombe en miettes dans le fleuve,
Floryan et ses amis n’y survivront pas.
Tout pourrait s’arrêter là, tout
devrait même s’arrêter là.
« Je tombe, je tombe sans
fin, et le monde tombe avec moi. Bientôt, même la peur a disparu. Remplacée par
un néant irrépressible. »
Et pourtant Floryan finit par se
« réveiller », dans un monde d’une pureté et d’une beauté presque
parfaites, il est seul et il se souvient de tout, de sa vie, de
l’attentat. « Tu es mort ».
C’est alors qu’intervient un être
extraordinaire, qui semble lui parler juste par la pensée. Floryan a 49 jours,
pas un de moins, pas un de plus pour faire son choix, le suivre dans le Royaume
éternel où il perdra le souvenir de tout ce qu’il a été, délesté du poids des
sentiments et de tout ce qui le faisait humain, ou se jeter dans le grand
fleuve noir, appelé Nihil, pour trouver, qui sait, une autre existence, ou tout
simplement le vide éternel, le grand rien…
Les dés sont jetés, en 49 jours,
Floryan doit pouvoir choisir, trancher, entre deux options, l’une et l’autre
pleines de mystères et d'inconnus angoissants.
Mais s’il y avait une troisième voie ?
49 jours, c’est beaucoup et c’est peu pour découvrir toute l’étendue de ce nouveau monde, celui d’après la mort, un monde sauvage, grandiose et très curieusement très peu habité, tous les morts ne s’y retrouvent visiblement pas… Et pourtant, Floryan découvre une petite communauté pourvue de pouvoirs surprenants et presque magiques… Peu à peu, grandit en lui ce qui lui manquait peut-être quand il était bien vivant, le souci de l’autre, l’envie d’agir et pas seulement pour lui-même. La vie des morts n’est pas toujours celle que l’on imagine, de tout repos ou inexistante, elle n’est pas nécessairement coupée de notre monde non plus, certains fantômes y rôdent pour nous sauver parfois du pire et même de l’apocalypse.
C’est toujours un bonheur de
suivre Fabrice Colin dans ses univers
parallèles qu’il sait rendre aussi tangibles que celui où nous vivons. Machines extraordinaires, lieux insoupçonnables,
personnages inimaginables, créatures dantesque, tout cela prend vie et corps
avec une facilité déconcertante, c’est captivant !
49 jours se lit
comme un thriller tout autant que comme un roman d’anticipation ou de science
fiction, un roman d’amour aussi sur fond de guerre et de fin du monde.
Impossible de lâcher cette « Divine Comédie » avant d’avoir lu les
mots de la fin, surprenants ô combien, mais rassurez-vous, un deuxième et
dernier tome est prévu pour nous dire un
peu plus de ce qui attend nos héros (eh, oui, apparaissent un ou deux autres
personnages essentiels particulièrement attachants !).
Vivement la suite !
Editions Michel Lafon jeunesse – Novembre 2012.

Hum beau thème en tous cas... j'ai bien envie de me relire un Colin tiens!
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